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Alsace Exportations : le Saint-Laurent fait rêver les entrepreneurs alsaciens
Le 28/05/08 à 06:56 - Textes et photos : Yolande Baldeweck
Les conseillers régionaux ont croisé, pendant leur séjour au Québec, des chefs d’entreprise alsaciens tentés par l’aventure. Et rencontré des Québécois qui veulent s’implanter en France.
Moroses, les entrepreneurs ? Ceux qui ont participé à Futurallia, forum mondial des PME rassemblant 750 entreprises de 25 pays, qui s’est tenu à Québec dans le cadre du 400e anniversaire de la ville, semblaient ravis. « Rien à voir avec un salon traditionnel. Les contacts étaient ciblés et les rendez-vous pris. On a économisé plusieurs voyages en avion ! » s’est félicité Jean-Philippe Ruhlmann, PDG d’Extenzo, fabricant de plafonds tendus à Griesheim, venu au Canada avec deux des sept autres PME membres de « Team Alsace ».
« Nous allons ouvrir une filiale au Canada »
Même enthousiasme du côté de GRI (Gestion ressources informatiques) basé à Schiltigheim : « Ici, on comprend ce que nous proposons. Nous allons ouvrir une filiale au Canada », s’est enthousiasmé l’un de ses responsables, Michel Reibel. Évidemment, il faudra attendre que ces « touches » se concrétisent…
À Futurallia, les contacts ne se limitaient pas au marché canadien. C’est pourtant celui-ci que la plupart des chefs d’entreprises alsaciens, qui se sont rendus au Québec sous la houlette d’Alsace International présidé par Adrien Zeller, visent. Y compris ceux de l’agroalimentaire, en mission la semaine passée à Montréal, pour trouver des débouchés — ou les intensifier — pour leurs pâtes, leurs bretzels, leurs moulages en chocolat ou leurs biscuits.
« Le marché québécois est plus accessible que le marché américain », confirme Arnaud Proust, 39 ans, directeur de Percymiller (40 salariés) — spécialisé dans l’informatique — qui s’est installé il y a trois ans à Montréal et travaille à 80 % pour des entreprises françaises. Si la législation est favorable aux entrepreneurs, il y a « des pièges à éviter ». « Parler français c’est trompeur, ici ce sont des Nord-Américains », rappelle Arnaud Proust, en précisant qu’un tiers de la population de Montréal est anglophone.
L’entreprise strasbourgeoise Soprema, numéro 3 mondial dans les revêtements d’étanchéité, implantée au Québec depuis 1978, est leader sur le marché canadien. Ses deux usines et onze bureaux emploient 300 personnes. « Une de nos forces, c’est notre capacité d’innovation. Entre les centres de recherche-développement de Drummondville et de Strasbourg, nous nous lançons des défis », s’amuse Rémy Perrin, directeur de la recherche du groupe, qui se rend régulièrement au Québec. Et a rencontré la délégation par hasard, dans l’avion…
À l’inverse Daniel Laprise, dont l’entreprise de Montmagny, spécialisée dans les habitations à structure bois, propose aussi d’étonnants chalets qui tiennent dans un conteneur et se déplient sans main d’œuvre spécialisée, envisage de construire une usine en France, si ses ventes se développent. Il possède déjà un bureau commercial à Sausheim. Dans un autre domaine, Eric Weynant, PDG de Phasoptx, installé a proximité de l’Institut national d’optique à Québec, prospecte le secteur optique-photonique. Un projet pourrait voir le jour en liaison avec le pôle véhicule du futur. Mais là, il faudra trouver un partenaire industriel.
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